Coup de foudre pour Kolkata (Calcutta)

La ville que l’on angoissait de découvrir mais dont il était impensable pour nous de passer à côté va nous charmer.

À notre sortie du bus, nous sautons après une négociation rapide dans un de ces taxis jaunes qui font une des spécificités de Kolkata en donnant du coup un petit air new yorkais à la cité de la joie.

Il est 5 h, la ville s’éveille à peine, il fait frisquet, et bien que nous réveillons notre hôte du Backpackers Hostel, ce dernier se met en quatre pour que l’on puisse se reposer. Après une nuit blanche dans le bus, les trois petites heures de sommeil offertes sont alors bienvenues.

Après échanges et un costaud petit déjeuner, nous débutons l’aventure en prenant le métro à la station Netaji Bhavan. Kolkata qui compte près de 15 millions d’habitants n’a qu’une seule ligne de métro qui traverse la ville du Nord au Sud. Notre premier arrêt est à la station Mahatma Gandhi Road pour visiter le palais privé Marble. Ce palais édifié en 1835 est le symbole de la folie d’un raja et dont ses descendants occupent toujours les lieux. Planté au cœur d’un beau jardin, cet édifice, aux influences architecturales européennes, dénote parmi l’ensemble du quartier que nous traversons ensuite pour rejoindre le quartier des sculpteurs Kumartuli. Quartier, un peu plus au nord, qui borde la rivière Hooghly, un bras du Gange à 130 km de l’embouchure.

Ville indienne à la plus forte densité, estimée à 24200 habitants/km², Kolkata nous apparaît pourtant aérée avec de grands parcs près du Victoria Mémorial, quartier Maidan. Nous ne croisons pas de vaches et autres ruminants dans les rues. Les rickshaws sont interdits dans de nombreux quartiers et ont donc des itinéraires fixes. On ne sait pas s’il y a un rapport mais les klaxons jouent moins intensément et ce pour notre plus grand bonheur! Cependant malgré une interdiction datant de 1997 et le non renouvellement des licences, nous croisons des rickshaws-pullers, ces infortunés « célèbres » hommes-chevaux.

Plus heureux, lors de notre visite au cœur du quartier très photogénique des sculpteurs, nous rencontrons Thapa, un jeune indien de Bangalore, passionné par la photographie et en pause avec son boulot comme ingénieur mécanique. Nous sympathisons et finissons ensembles la journée à déambuler dans les dédales de ces rues où nous croisons des regards et des sourires sublimes. En longeant la voie ferrée, on découvre hagard une vie de « quartier » installée au pied des voies. En traversant la zone logistique de la ville où s’organisent les va-et-vient des transports de marchandises, on constate non seulement des arrimages effrayants, mais ce que suppose une gestion des flux dans une ville aussi densément peuplée. Pour finaliser la journée, depuis le Howrah Bridge, symbole de la ville, on rejoint le Prinsep Guât pour un coucher de soleil avec vue sur le pont Vidyasagar Setu. Nous laissons Thapa à ses photos pour rejoindre notre hostel après une merveilleuse première journée et quelques 18 km à pied au compteur 🙂

Le lendemain on se lève à 5 h pour partir à la découverte du marché aux fleurs, où des tonnes de fleurs provenant de terres propices à leurs cultures, à proximité de la ville, sont vendues au quotidien. On découvre les dortoirs de rues que l’on se doutait exister avec les lits relevés la journée le long des arbres et des murs. Les gens se réveillent, se préparent pour aller bosser en se lavant en pleine rue, le temps est frais à peine 12 degrés, les images sont dures. Le métro étant fermé jusqu’à 09 h, on saute dans un bus qui nous conduit en 15 minutes à peine au marché. Quelle animation, des ballots énormes de couronnes de fleurs servant aux offrandes pour grande part, des compositions pour des mariages ou autres événements, des porteurs qui défilent, des moments de pause jeu de cartes et/ou thé…nous observons longuement ce spectacle depuis le pont Howrah. Du marché, nous allons nous reposer au cœur des jardins du Victoria Mémorial Hall. À proximité, nous découvrons la cathédrale St Paul, édifice anglican du XIXème et ses ventilateurs un chouïa trop nombreux! Et parce que dans notre mémoire collective, Sœur Teresa a associé son nom et son action à cette ville, nous marchons jusqu’à la maison où elle vécut et où se trouve sa tombe sur laquelle il est possible de se recueillir. En sortant, nous tombons sur un fabricant de guitares Braganza, échanges et photos. Fin de journée dans le quartier des commerçants de Park Street où nous dégustons un sublime egg roll. On consacre notre dernière journée à une visite de notre quartier où la population nous a offert un bien bel accueil.

Alors Pourquoi Kolkata que nous appréhendions autant est devenu notre coup de cœur de l’Inde? Ce ne sont certainement pas ses bâtiments qui tombent en friches, ni ses quelques monuments historiques. Non. On a aimé Kolkata car sa population est accueillante, souriante et bien plus bienveillante qu’à Delhi ou Mumbai. Nous n’avons pas été harcelés à l’exception de quelques rabatteurs de New Market. Et surtout pour taire des légendes d’insécurité, nous nous sommes sentis très à l’aise pour déambuler et profiter pleinement de nos découvertes. On a donc qu’une seule recommandation, ne passer pas à côté de Kolkata lors de votre périple indien!

 

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