Troublante Varanasi (Bénarès)

S’il y a bien une ville qui a marqué notre voyage en Inde, c’est bien cette ville où tout est troublant pour l’œil d’un occidental. En tout cas, on ne peut ressortir indemne de cette étape en ce lieu considéré comme le plus sacré de l’hindouisme. C’est pour les croyants le point de rencontre du monde physique et du monde spirituel. Ici se côtoient aussi bien la mort que la vie au pied des ghâts et sur près d’une dizaine de kilomètres.

En marchant le long des ghâts et en une même excursion, nous observons d’une part avec tendresse les ablutions effectuées en famille où l’on se donnent la main avant de s’immerger dans les eaux sacrées du Gange ; immersions courageuses, compte tenu des températures hivernales du moment et d’autre part, avec effarement, aux crémations à ciel ouvert et à la vue de tous. Pour nous occidentaux où le recueillement auprès d’un mort se fait plutôt en privé, ici, nous assistons au cérémonial d’un membre de la famille allumant le feu au corps du défunt. Et de passer d’un monde à l’autre aussi rapidement, avec une série de bateaux à touristes sur le Gange pour notamment observer les crémations, est plutôt poignant. Mais c’est l’Inde et la complexité de l’hindouisme. On ne comprend pas tout. Tellement loin de nos codes, de nos valeurs. On est troublés, bousculés et emplis de questions. Il nous faudra un peu plus de reculs et sûrement de lectures pour mieux appréhender ce que nous avons découvert ici. Mourir à Varanasi c’est en finir avec le cercle infernal des réincarnations en atteignant la moksha (équivalent au nirvana pour les bouddhistes). Quant aux ablutions rituelles, elles permettent de se laver l’âme des fautes accumulées au cours des vies passées. Et ces ablutions sont un régal à observer. A la sortie, on se sèche vite et on se fait propre. Les femmes s’onguent d’huile dans les cheveux et se peignent. Comme ils se baignent habillés en saris pour les femmes et en sarong autour de la taille pour les hommes, on observe alors des mètres de tissus colorés à sécher sur les quais du ghât.

Enfin des laveurs, lavent, battent des kilos de linges tout le long de la journée. Et c’est bien cela qui est surprenant, autant d’activités aussi contradictoires les unes aux autres se pratiquer sur un même périmètre.

Le soir, entre 18 h et 19 h, on assiste à la traditionnelle cérémonie du Puja, chants sacrés et offrande de la lumière au Gange.

Non vraiment Varanasi ne peut laisser indifférent sans oublier d’évoquer nos amies les vaches sacrées qui envahissent aussi bien les ghâts que les ruelles en laissant de bien belles traces de leurs passages.

Enfin c’est à Varanasi que nous avons eu la joie de rencontrer un voyageur du Pays Basque, Alex, avec qui nous avons partagés de bons moments et notamment une bière (chut!) sur le toit terrasse d’une guesthouse offrant une merveilleuse vue sur le Gange.

Quant à notre hébergement, fuyez l’hostel Stay Inn.

 

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