Cambodge, du sourire aux larmes

11/03/2019 – 20/03/2019 – 10 jours en terre Khmer  (Nos Baroutil’s)

Nous devions quitter la Thaïlande car notre séjour de moins de 30 jours sans visa prenait fin. Nous avons choisi le Cambodge pour Angkor. Chris, passionné des pays d’Asie du Sud Est, ce fut donc des retrouvailles pour lui et une première pour moi.

Nous avons voyagé en train depuis Bangkok jusqu’au poste frontière du Cambodge. Nous préférions notre autonomie aux multiples voyages organisés en bus depuis Bangkok.

Nous recommandons vivement l’article écrit avec grande précision par un baroudeur lyonnais : https://www.universlemonde.com/frontiere-thailande-cambodge/ ; les instructions ont été suivies et notre voyage s’est déroulé sans embûches comme suit :

  • Train Bangkok – Aranyaprathet : 48 bath par personne soit 1,33€ pour 5 heures de trajet. Train départ 05h55 de la gare Hua Lamphong.
  • Tuk tuk partagé avec deux allemandes pour 50 bath entre Aranyaprathet gare et le poste frontière.
  • Passage à pied de la frontière terrestre de Poipet. Bien prévoir des dollars pour payer le visa (30$ par personne en 2019).
  • Taxi partagé pour 10$ par personne soit 40$ ; deux heures de trajet entre Poipet et Siem Reap.

On résume : départ de Bangkok à 5h55 – arrivée à 15h à notre guesthouse ; 9h de voyage incluant le passage de la frontière. Parfait.

  1 – SIEM REAP : 5 nuits au Lovely Family Guesthouse, très bien pour un budget routard ; le proprio parle français et il est de bons conseils pour visiter Angkor.

Dès notre arrivée à Siem Reap, je ressens immédiatement des fourmis dans les jambes pour partir à mon tour découvrir les splendeurs d’Angkor autant vantées par Chris. Très vite, nous comprenons que nous ne sommes pas seuls et malgré les mesures initiées par le gouvernement et l’UNESCO (augmentation du prix d’entrée, contrôle des flux des cars…), aujourd’hui ce site d’Angkor recense, selon les données du routard, 5 millions de touristes par an.

Ces faits en-tête, nous choisissons de partir à l’aventure en vélo pour réduire les coûts et nous sentir plus libres de nos mouvements. Nous allons aussi trouver des astuces pour éviter au maximum les touristes désagréables que sont nos amis chinois!

Nous louons les vélos auprès de notre guesthouse à 2$ par jour et nous achetons un pass trois jours à 62$ par personne. Le plan pour visiter Angkor est divisé en trois parties : le petit circuit regroupant les temples majeurs tels que Angkor Wat et ceux d’Angkor Thom ; le grand circuit et le reste. De bons coups de pédales nous permettent de visiter les temples du grand circuit pour le premier jour et du petit circuit pour le deuxième jour. Le dernier jour nous prenons les services d’un tuk tuk à la journée pour 38$ ; visite de Kbal Spean, la rivière aux milles lingams, située à près de 60 km de Siem Reap et de temples excentrés Banteay Srei, Banteay Samrè et les temples du groupe Roluos.

Visiter cette somptueuse capitale Khmer est un budget mais il nous semble que trois jours est un minimum pour apprécier ses richesses et la magie qu’elle a à offrir. Le propriétaire de notre Lovely guesthouse nous conseilla de démarrer notre visite par le grand circuit et en sens contraire des aiguilles d’une montre. Nous suivons ses conseils et organisons notre deuxième jour en imaginant une journée type pour un chinois! Ainsi nous visitons les « non célèbres » quand lui visite les « célèbres » et visitons les « célèbres » quand il mange ou fait sa sieste 🙂

Et on doit avouer que nous sommes plutôt fiers de notre organisation car nous avons réussi à échapper aux hordes de touristes chinois excités du Smartphone et des selfies plus artistiques les uns des autres.

Nous vous recommandons de vous munir d’un guide. Le guide du routard est très pratique et les descriptions sont suffisantes, compte tenu de notre niveau de connaissance sur l’histoire de l’empire khmer. Il existe pléthore de guides sur les sites mais veillez à bien vous renseigner avant. Les arnaques sont malheureusement une monnaie courante au Cambodge.

Allez on résume très sobrement l’histoire…Angkor signifie capitale en langue khmère. Fondée au IXė s. par le roi Yasovarman Ier, elle a subsisté jusqu’au XIVė s. L’implantation du site est choisi à proximité du grand lac Tonlè Sap et de la rivière Siem Reap. Les rois successifs ne vont pas démentir ce choix d’implantation en continuant à accroître cette capitale avec des constructions grandioses. A son apogée, fin du XIIė s., Angkor est la plus grande ville du monde avec près de 3000 km² et 800000 habitants. La dernière période faste sera sous le règne d’un roi fervent au bouddhisme. Il fera construire la ville royale Angkor Thom où nous trouvons ici nos deux temples préférés : Ta Prohm pour Chris (un fantasme certain pour Lara de Tomb Raider ;o) et pour moi ce sera Preah Khan (structure étonnante et de nombreuses apsaras très bien préservées).

Découvrir Angkor c’est s’allouer un moment de grâce et chacun selon sa sensibilité aimera s’attarder sur une pierre, un arbre, une sculpture…Il vous faut prendre le temps de vous évader pour imaginer la splendeur d’une période qui aura durée près de 500 ans et où des hommes extravagants se sont lancés dans de tels desseins architecturaux. Le temple montagne Angkor Wat dédié à Vishnou demeure le symbole du Cambodge et est représenté sur le drapeau du pays. Souhaitons vraiment que les autorités arrivent à préserver ce chef-d’œuvre des hordes de touristes. Ne venez pas à Angkor sans vous préparer en amont car il est clair que vous aurez la compagnie de pleins d’amis touristes et en majorité des chinois et des vietnamiens.

Concernant la ville de Siem Reap, elle offre nombreuses infrastructures pour accueillir les touristes. Il y a même une rue nommée Pub Street qui se passe de descriptions! Nous avons préféré les petits marchés excentrés pour nous régaler.

 

2- BATTAMBANG : 1 nuit au Porchey Guesthouse, correct pour une étape.

Le souci après avoir visité Angkor, c’est que tout le reste semble bien fade! Heureusement que les cambodgiens ont le sourire pour apprécier la suite du voyage.

Battambang est la deuxième ville du pays et le grenier du Cambodge. Mais nous ne sommes pas en bonne saison pour apprécier cette ville et ses paysages environnants. La végétation est morne. Du coup on ne s’attarde pas d’autant que la seule exposition que nous souhaitions faire est fermée! Espérons que vous aurez plus de chance que nous pour la découvrir et nous rapporter vos impressions : HUMAN Gallery – Joseba Etxebarria Photography.

Donc de Battambang, ce sera découverte du marché et bon déjeuner chinois 🙂

3-KOMPONG CHHNANG : 1 nuit au Garden guesthouse, très agréable – on recommande.

Bâtie sur les rives marécageuses du Tonlé Sap, on pense pouvoir découvrir les villages flottants…mais la période fait que nous voyons les maisons sur pilotis hors de l’eau rompant ainsi le charme attendu. Balade dans la ville qui est en fête et rencontre avec deux baroudeurs lyonnais sympathiques.

Du coup, on ne s’attarde pas ici non plus et on décide de rejoindre, en s’entassant dans un mini van, la capitale Phnom Penh.

 4-PHNOM PENH : 2 nuits au One Stop Hostel, cocktail gagnant pour le routard : prix, propreté, accueil et situation géographique.

C’est ici que nous prenons rendez-vous avec l’histoire tragique du pays. Écrire dessus est émotionnellement difficile. Oh bien sûr j’avais en-tête le film « La Déchirure » mais pénétrer sur ces lieux de mémoires que sont Killing Fields, le camp d’extermination de Choeung Ek et Tuol Sleng, prison baptisée S21 sont marquants et bien plus forts à vivre que de voir un film. Les audio guides sont extrêmement bien faits. Le silence qui règne en ces lieux en dit long sur notre rencontre avec une page sordide de l’histoire du Cambodge. Le 17 avril 1975, les khmers rouges vont donc prendre le pouvoir. Saloth Sâr alias Pol Pot prendra le pouvoir en avril 76. Ayant pour modèle Hitler, il réussira à commettre envers son peuple un génocide proportionnellement plus important que celui des nazis! On parle ici d’auto génocide puisque c’est son peuple que les khmers rouges assassinent. Un cambodgien sur quatre est exterminé entre 1975 et 1979.

En sortant de ces visites éprouvantes, il est difficile de ne pas porter un regard de compassion envers le peuple cambodgien pour qui le terme résilience prend tout son sens!

Pour suivre la visite de Phnom Penh, nous marchons le long des quais de Sisowath, nous déambulons dans les allées du marché central, lieu idéal pour se restaurer. Je visite également le palais royal et sa pagode d’argent. Nous ne sommes pas sous le charme de cette capitale. En s’offrant un verre face à la rivière Tonlé Sap, nous rencontrons un couple charmant de cousins québécois qui réjouiront la fin de notre court périple dans ce pays.

On quitte le Cambodge par bus de nuit pour retrouver Bangkok. Ce voyage retour a été épique avec la compagnie Gold VIP qui n’a rien d’or et encore moins le service pour deux personnes importantes comme nous! Il n’y aucun doute que vous pouvez trouver plus confortable pour voyager mais nous avions le temps…

Le Cambodge interroge, bouscule, bouleverse. Sa situation économique reste très instable. Le comportement des douaniers reflète malheureusement la corruption qui gangrène ce pays. Il faut avoir conscience que rien n’est simple et que les libertés sont biaisées. Et il est vrai que les lieux « occidentalisés » peuvent facilement donner l’illusion du contraire. Rester éveillés!!!

 

 

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