La Transsibérienne, 4358 kilomètres au compteur

En quittant Moscou, nous étions loin de nous douter que le road trip sur la Transsibérienne pour rejoindre la Mongolie via le lac Baïkal prendrait un air « du jour le plus long ».

On débute en allant faire un tour à Serguiev Possad, une des villes du célèbre Anneau d’Or, constitué par plusieurs villes princières, à proximité de Moscou.

Malade, Chris visite seul le monastère orthodoxe laure de la Trinité-Saint-Serge et Cathédrale de la Trinité. C’est le début de la route, on prend notre temps sans vraiment prendre conscience des paramètres suivants : plus de 4000 kilomètres, état des routes, travaux, 13 jours, visite des alentours du lac Baïkal et l’expiration du visa.

Nous marquons un arrêt à Kazan, capitale de la république du Tatarstan, à 700 km à l’est de Moscou. Dès notre arrivée, on fait notre marché et on se régale de ce moment parmi les locaux avec qui on plaisante et qui nous le rendent bien. De Kazan on visite la Mosquée Qolşärif, la cathédrale de l’Annonciation et la tour Söyembikä, ces monuments du kremlin de la ville. Avec la coupe du monde de football, les infrastructures sont surprenantes de modernité.

Je pense tout de même que nous avions une représentation archaïque de la Russie, avec à l’esprit des images de film tel que le très récent « Docteur Jivago »! Les clichés ont la vie dure!

Quelques 700 kilomètres à l’est de Kazan, nous arrivons au point de passage sur le continent asiatique à Ekaterinbourg. Arrivés en Asie, il nous faut immortaliser l’événement. Après un rapide tour de ville où nous admirons une construction détonante d’un stade de football, nous prenons donc plusieurs poses sur les stèles qui définissent le point de passage Europe/Asie.

La Russie a 11 fuseaux horaires. Du coup nous vivons le décalage horaire en roulant. Et zou déjà + 2 h de décalage avec Moscou, ce qui est assez amusant à vivre mais un autre paramètre déstabilisant que nous n’avions pas pris en compte!

Tic Tac, il nous reste 3708 kilomètres jusqu’à un premier point de chute près du lac Baïkal, Irkoutsk et 9 jours avant fin de nos visas.

Ainsi on va passer une semaine à rouler toute la journée, de 7 h à 22 h avec une moyenne de 700 kilomètres par jour.

Pour nos courtes nuits, nous trouvons facilement des parkings sécurisés, en donnant quelques roubles au gardien, qui vous remet un justificatif. Pour quelques roubles aussi, vous trouvez des toilettes et des douches très propres ainsi que des cantines réservées à une clientèle de conducteurs professionnels. Il n’y a pas de difficultés pour faire le plein d’eau. Il faut en revanche faire preuve de bon sens pour vidanger !

Tout au long de la route, nous avons toujours été bien accueillis. Et quand on ne peut pas comprendre le menu du restaurant, on est toujours arrivés avec trois gestes, deux sons et un grand sourire à manger un plat sympathique, assorti d’une bonne bière pour faire passer les kilomètres de la journée.

Arrivés à Irkoutsk, au bout de 4358 kilomètre depuis Moscou, on se gare devant un hostel qui accepte que l’on se douche moyennant quelques kopecks. Visite pour se dégourdir les guibolles, un bon restaurant et une nuit suffisent pour nous requinquer avant de rejoindre les bords du lac Baïkal, plus grand lac d’eau douce de la Terre!

Surnommé la « Perle de Sibérie », nous restons une nuit et passons une journée à nous régaler devant ce paysage. Après avoir fait l’exploit de se baigner, Chris teste le poisson fumé. Je goûte, c’est excessivement trop salé!

Encore quelques 500 bornes et on retrouve Morgan et Antoine, les RTT rencontrés au consulat de Mongolie à Oulan Oudé. On passe une soirée entre frenchies à se conter nos aventures devant un mur peint avec la Tour Eiffel de leur appartement Airbnb. On profite de leurs hospitalités pour faire une lessive et aussi se doucher. Alors un énième grand merci 🙂

De nos souvenirs de cette ville où l’architecte unique soviétique s’est largement exprimé, on retiendra l’énorme tête de Lénine sur la grande place et notre première rencontre avec un bouddha au monastère Rinpoche Bayasta Datsan. Plus de place aux doutes, nous sommes bien en Asie!

Ainsi se résume la Transsibérienne. Des kilomètres de paysage qui se ressemblent, des routes en travaux, embouteillées et au milieu de no man’s land, des visages de travailleurs usés roulant dans des camions d’un autre temps, des heures à se tortiller les miches sur le fauteuil pour s’en décoller deux minutes. Heureux celui qui aime lire et qui peut lire en se faisant conduire 🙂

Nous arrivons à la frontière juste un jour avant l’expiration du visa. Nous partons de Russie avec une image complètement différente de celle que nous avions alors. La Russie est un pays complexe, et bien trop immense pour la saisir en un séjour de 25 jours. Nous avions peur de la traversée et on sait désormais que nous avons eu tord de l’appréhender autant. Et c’est bien ce que nous attendions de notre voyage, effacer les clichés pour mieux contempler notre monde.

 

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