Mongolie, à la rencontre des enfants de Chinggis Khaan

Tu sais. À fouler l’asphalte des premiers kilomètres et à croiser ses premiers habitants, tu sais que ce pays va chambouler tes repères. Après un passage un peu long à la frontière d’Altanbulag (des heures à nous faire patienter plutôt qu’à nous contrôler), on stationne en bord de route pour dormir quelques heures. Au réveil, on demande à un mongol où retirer de l’argent et se procurer une carte Sim dans le coin. Ce dernier nous sourit avec bienveillance et nous demande de le suivre. Il nous conduit à la banque qui s’occupe des deux. Une fois cette mise en route effectuée, on peut commencer à prendre la route en direction d’Oulan Baator. À Darkhan, nous allons faire une pause au premier restaurant coréen du séjour, la maison Bulgogi, recommandé par le Lonely Planet. Pour ceux qui se posent la question, nous sommes équipés d’une liseuse et nous téléchargeons au débotté guides et bouquins. Rassasiés, nous allons au premier supermarché toujours conseillé par le Lonely, la succursale Nomin. Nous faisons les approvisionnements nécessaires avant de rejoindre la capitale. Le long de la route, les paysages qui nous mènent à elle, sont d’or et déjà lumineux et la population nous adresse des sourires chaleureux. L’état de la route nous oblige à improviser un bivouac. Une douce nuit et un réveil avec vue sur des chevaux au galop, et nous reprenons tranquillement notre chemin.

Nous arrivons un vendredi soir à Oulan Baator, UB pour les intimes. On cherche une place non loin de l’appartement de nos compères routards, les RTT. Lors de notre dernière soirée en Russie, les prémices d’un voyage tous ensembles dans le désert de Gobi sont lancés.

Nous trouvons un stationnement de rêve pour UB, au calme et face à une épicerie de quartier. Avant de poser nos valises pour quelques jours, nous discutons avec les propriétaires de l’épicerie et ces derniers font alors appel à un joker par téléphone, un ami français! Les explications et les présentations faites, Orbis est alors « chouchouté » ; une tranquillité bien appréciable.

Première soirée à découvrir la ville de nuit, à se faire également « chouchouter » par un coiffeur et à respirer un air pollué. La capitale de Mongolie n’est pas le reflet de notre imagination où ce pays ne serait qu’un environnement immaculé. Non, malheureusement, cette capitale souffre d’une croissance trop rapide et d’une politique d’urbanisation qui semble inexistante (construction anarchique, transport public désuet, gestion des déchets, utilisation du charbon…).

Les RTT Morgan et Antoine arrivés, nous organisons le voyage dans le désert de Gobi avec Nka, une jeune femme pétillante d’une trentaine d’année. Nka qui se fait aussi appeler Caroline va nous surprendre. Elle est la représentation de cette jeunesse asiatique qui a soif de modernité pour son pays tout en accordant une importance à la préservation des us et coutumes de celui-ci. Elle gère des locations Airbnb, des activités diverses entre traductions et import/export de produits, organise des sorties pour touristes…elle court plusieurs projets à la fois avec une énergie débordante. Elle nous organise ainsi une découverte de la région du Gobi et on part 5 jours à cinq avec sa voiture, une SUV. Au programme découverte de sites célèbres du Gobi tels que Tsagaan Suvarga, Ikh Gazryn Chuluu, Khongor Sand.

Orbis stationné dans un parking couvert haute sécurité au centre d’UB (encore mille mercis Nka!), nous partons sereins pour vivre cette aventure et dormir ailleurs que dans notre maison sur roue! Nous passons 5 jours à beaucoup rouler pour finalement ne passer que très peu de temps sur ces sites merveilleux. Et si l’on devait recommander qu’un seul site, c’est sans hésiter, le site des formations rocheuses de Tsagaan Suvarga signifiant « stupa blanc ». Ces formations rocheuses érodées par le vent mesurent près de 60 mètres de haut sur 400 mètres de long. Elles sont composées de plusieurs minerais, qui exposés à l’oxygène, offrent des teintes colorés roses, rouges ou oranges sur les rochers. Et en ce lieu éblouissant, logeait un océan, il y a quelques millions d’années, laissant traces encore aujourd’hui de formes fossilisées.

L’état des pistes nous confirme que nous avons eu raison de cette option pour les découvrir. Et nous vivons ce que tout voyageur vit à minima une fois en Mongolie, rester embourber. Mais après cinq jours à être confinés plusieurs heures dans une voiture pas si grande, on garde un souvenir mi-figue, mi-raisin de cette expédition.

De retour à UB, nous laissons les RTT à leurs découvertes et nous retrouvons Orbis. « À la conquête de l’ouest » peut être le titre des aventures qui vont suivre!

Avant de complètement quitter UB, nous allons dire bonjour à l’énorme statue du grand Chinggis Khaan. Moment privilégié pour enrichir nos connaissances, je m’offre une BD dédicacée par l’auteur, basée sur « l’histoire secrète des Mongols » écrit en 1227, et qui fait référence aux conquêtes de celui qui est considéré comme le père de la nation mongole. L’imagination en action, nous débutons plusieurs jours de routes et de pistes en direction de l’ouest. En route, on découvre le monastère bouddhique d’Amarbayasgalant, au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ce dernier datant de 1737 a échappé aux purges soviétiques des années 1937. La beauté du site nous fait oublier aisément les heures de galères sur les pistes.

Heureux d’avoir équipé Orbis d’une plaque de protection moteur, nous savons désormais que nous n’avons pas le véhicule adapté pour l’aventure. Ayant eu raison de l’extension de 7 jours, nous continuons tranquillement en direction de la frontière avec la Russie nous permettant de rejoindre le Kazakhstan.

Nous allons bivouaquer au lac le plus profond de Mongolie, le lac Khövsgöl ; rouler des kilomètres de pistes ; découvrir le site d’Uushigiin Uver et en apprendre par une jeune guide mongole sur les rites funéraires et ces pierres de cerf ; rencontrer des mongols d’une générosité inoubliable pour nous sortir de nos péripéties à s’embourber ; accepter les invitations spontanées à boire le célèbre thé au lait salé, suutei tsaï au cœur de yourtes ; découvrir les pannes d’électricité et donc l’impossibilité de faire le plein quand tu le dois ; apprendre à être patient et observateur ; s’abandonner à la rencontre et se laisser guider par Osko, jeune adolescent de 15 ans à travers son village comme si nous étions des stars fraîchement nées ; rouler des kilomètres de pistes ; manger du chocolat Cofler Block afin de tenir les nerfs à bloc d’un conducteur un tantinet maniaque ; s’accorder une pause près du somptueux lac UVS, plus grand lac de Mongolie ; et repartir de la capitale de l’ouest Ulangom avec une vodka Chinggis Khaan sous le bras pour persévérer à rouler sur des kilomètres de pistes.

Arrivés à Olgii, notre dernière étape, c’est la fin de longues heures au rythme de 15 kilomètres heures et déjà la nostalgie de ces paysages somptueux et de cette lumière si unique qu’offrent la Mongolie.

On se posera aux abords du poste de la frontière de Tashanta au cœur des montagnes. Nous avons presque failli faire du ski et vécu nos premières températures négatives à l’intérieur du camion…-7°C au réveil ça pique 🙂 Les coupures de courant sont fréquentes dans le coin et les habitants apprennent à s’en accommoder, alors on a fait de même.

Nous avons vécu un voyage extraordinaire fait de riches rencontres et d’abandon à la contemplation. Un grand bonheur agrémenté par une rencontre pétillante avec Cristina et  Martin, des Marmottes Suisse baroudeuses et captivantes!

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