Norvège, le joyau des pays nordiques

Road Trip du 28 mai au 18 juin 2018

Arrivés en fin de soirée à Fredrikstad, on fait un rapide tour de la vieille ville plutôt déserte et un premier retrait de couronnes norvégiennes avant de se poser pour la nuit.

La problématique avec la rédaction de cet article est, comment faire une synthèse de trois semaines de superlatifs sans que cela devienne trop lourdingue pour nos milliers de lecteurs 🙂 Parce que la Norvège, on peut bien retourner la question dans tous les sens, mais trouver un endroit assurément moche, sale et pas cher est de l’ordre d’une mission impossible.

Donc sans vous faire la liste de tous nos stops et spots pour la nuit, on va essayer de vous résumer ce voyage extraordinaire et qui, l’a été d’autant plus que nous avons eu, sur toute la période, un soleil et une chaleur inattendue.

Notre premier rendez-vous norvégien sera avec sa capitale Oslo. Non celle-ci n’est pas jojo mais fonctionnelle.

Pour les camtars, il existe un emplacement de rêve à côté du lac Sogn et d’un terminus pour vous rendre en tram au centre ville. Ce bivouac est donc juste parfait : facile à trouver ; stationnements à l’ombre ; toilettes à proximité et gratuits.

Car oui, ces conditions sont le gros « plus » de ceux qui sillonnent les pays nordiques en camping car ; les emplacements sont nombreux, faciles d’accès, bien équipés et vous trouverez partout de quoi vous réapprovisionner en eau et faire vos vidanges. Un paradis pour voyager avec ce mode de transport et surtout une économie substantielle pour l’hébergement.

Le gros « moins » n’est pas légende, oui la Norvège et les pays nordiques sont des pays qui coûtent cher. Ainsi soit vous privilégiez de bien manger et de profiter des jolis cafés à l’ambiance nordique si chaleureuse, soit vous préservez vos pépettes pour atteindre votre objectif, le nôtre étant le Cap Nord.

Voilà des points de détail importants levés, alors revenons à nos découvertes.

À Olso, nous avons eu rendez-vous avec les peintres exposés à la National Gallery et l’illustre  « Le Cri » de Munch. Nous avons visité l’hôtel de ville pour découvrir les décorations réalisées par de grands artistes norvégiens du XXème siècle et vu la photo du président Obama recevant son prix Nobel de la paix en 2009. En transport public, nous avons navigué dans le Fjord. Enfin nous avons déambulé dans la cité et nous sommes attardés sur les marches du magnifique Opéra pour y admirer le coucher de soleil sur le Fjord.

Une entrée réussie donc et prometteuse pour découvrir la suite.

On décide de prendre la route pour rejoindre la région Telemark et prendre rendez vous avec l’histoire de la Norvège pendant la seconde guerre mondiale. Après la découverte d’une magnifique église en bois Heddal Stave, nous avons fait halte à Rjukan et visité Vemork. Comme nous sommes en pleine période des jours les plus longs, il est difficile d’imaginer que les norvégiens sont plongés dans le noir une bonne partie de l’année. Ainsi nous découvrons à Rjukan qu’il existe un dispositif de miroirs, des héliostats. Ces derniers disposés sur les hauteurs permettent de fournir de la lumière solaire dans ces vallées enclavées en hivers. Vemork est connu pour la fabrication de l’eau lourde arrêtée en 1971. Pendant la seconde guerre mondiale, la SOE, direction des opérations spéciales britannique va procéder à plusieurs tentatives de sabotage pour stopper le programme atomique allemand. Le 20 février 1944, la résistance norvégienne va réussir à couler le ferry D/F HYDRO qui emportait l’eau lourde en Allemagne. Plusieurs films retracent cet épisode, le plus célèbre est « Les Héros de Télémark » d’Anthony Mann de 1965.

Pour redescendre de la montagne et rejoindre le sud, on va vivre nos premières sueurs froides avec Orbis et ses plaquettes de freins qui surchauffent. Rien de méchant mais impressionnant enfin ce ne sera pas aussi impressionnant que le panorama offert par cette route sur le lac Dalen.

On rejoint le phare le plus ancien de Norvège et aussi celui le plus au sud, le phare de Lindesnes, toujours en activité. Un emplacement pour les camping-car permet de se poser pour la nuit. C’est tout de même agréable cet accueil! Superbe coucher de soleil 🙂

Débute dès le lendemain notre ascension jusqu’au Cap Nord. On passe vérifier la température à Flekkefjord, jolie petite ville avec un vieux quartier hollandais aux maisons en bois de couleur blanches. Et il fait bien 32°C (voir photo)!

On s’arrête pour deux nuits à Stavanger, la ville du pétrole. C’est beau, c’est riche, et on a même visité son musée du pétrole, pour le coup plutôt intéressant surtout sur la partie « Et après? ». Stavanger est aussi une halte intéressante car elle permet de se rendre facilement au Pulpit Rock de Preikestolen. Ainsi nous sommes allés nous dégourdir les jambes pour accéder à cette imposante falaise qui culmine à 604 mètres au-dessus des eaux du Lysefjord. Attention veillez à ne pas avoir peur du vide pour réaliser cette randonnée. De même si vous avez de jeunes enfants, réfléchissez avant de vous engager avec eux. Honnêtement ça m’a déchiré le cœur de voir des enfants pleurer en montant. Ou était-ce moi?!? Les marches en Norvège relèvent parfois plus de l’escalade que de la randonnée! Faut juste l’avoir en tête 🙂

Pour information, il est en fait facile de se rendre à Preikestolen en véhicule contrairement à ce que l’Office du Tourisme de Stavanger annonce.

Et comme on ne se lasse pas d’admirer cette région, on trouve un super spot juste en face du Pulpit Rock à Fossmork ; un bien bel endroit pour se remettre de nos efforts.

À ce stade là, on est déjà comblés, mais nous ne sommes qu’au début des belles surprises.

Alors parlons des infrastructures routières en Norvège. Nous on est peut-être les rois des ronds points et aussi de tourner en rond, mais alors les norvégiens, eux, sont les rois des tunnels et des ponts! Les routes sont toutes en excellent état. On est presque contents lorsque l’on trébuche dans un chti trou sur le bitume pour faire taire cette perfection! Le plus impressionnant reste les ronds à l’intérieur de tunnels! Le seul hic est que cela coûte un peu d’argent et ce surtout qu’il faut emprunter plusieurs ferries pour suivre le parcours sur la côte ouest en direction du fameux Cap Nord. Vous voilà avertis, ce n’est pas du saumon que vous allez manger mais plutôt des coquillettes 🙂

À notre arrivée à Kjerag, et après avoir traversé des panoramas somptueux, vu plusieurs chutes d’eau nommées des fossen et quelques trolls, on trouve un emplacement sympathique juste en bas du grand parking payant pour effectuer la randonnée en direction d’un autre célèbre caillou, le Kjeragbolten. Ce dernier est un rocher coincé dans un creux de la montagne. De là haut, c’est toujours une vue magnifique sur le Lysefjord, mais pour nous son ascension est plus jolie. Attention c’est encore une fois plus de l’escalade que de la petite randonnée! Chris a osé monter dans son plus simple appareil sur le Kjeragbolten (on aime bien être nus depuis que l’on fait des saunas!). Quant à moi, il fallait bien que quelqu’un immortalise cet exploit 🙂

En reprenant la route, on reste béats par la beauté que nous offre mère nature. On se délecte des kilomètres de sublimes paysages. Pour visiter le centre de Bergen, on stoppe sur le parking de la gare d’Arna. Bien pratique pour se stationner et éviter de payer le péage pour entrée en ville. Bergen est le point de départ pour les plus beaux Fjord, on a donc vu des énormes paquebots croisières et un peu plus de touristes aussi. Bergen est lovée entre la mer et sept montagnes offrant une belle douceur de vivre. Ancienne cité hanséatique, elle a conservé de belles demeures en bois, des ruelles pavées et nous avons bien sûr adoré les maisons en bois du quai Bryggen.

Comme nous aussi on veut notre croisière sur un Fjord, on découvre que l’on peut traverser  de Gudvangen à Kaupanger par ferry et ainsi découvrir l’un des plus beaux fjords de Norvège le Nærøyfjorden, le fjord étroit. Il est d’une longueur de 20 kilomètres et une branche du Sognefjord. Il est inscrit avec Geirangerfjord au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Arrivés à Kaupanger les yeux éblouis, on poursuit la route pour rejoindre Geiranger et on s’offre une escapade en bac jusqu’à l’église en bois bien conservée d’Urnes Stave. On vit aussi nos premières rencontres avec des français et des norvégiens ; de chouettes moments d’échanges au milieu d’un paysage à couper le souffle!

On s’arrête pour la nuit sur les hauteurs de Geiranger et au réveil on prend la route pour rejoindre la célèbre Trollstigen, route au fort dénivelé de 9% et à onze virages en épingle à cheveux.

On continue l’ascension jusqu’au Cap Nord en découvrant Ålesund, Molde, l’Atlantic Road 64, Trondheim et sa sublime cathédrale et on traverse le cercle polaire à bord d’un des nombreux ferries empruntés, poursuivant ainsi notre objectif en longeant la côte ouest.

On décide d’aller faire un tour sur les îles Lofoten, un archipel entre la mer de Norvège et le Vestfjord. On y découvre les poissons séchés, les jolies maisons en bois couleur brique et de longues plages de sables, un environnement à couper le souffle. Non vraiment les mots ne sauraient décrire une telle beauté. On va se régaler et on mangera enfin pour la première fois du saumon « bio » de ces îles. On est véritablement aux anges et aussi radieux que le soleil qui nous accompagne.

Pour vous donner une idée des journées longues que nous vivons, le 14/06/2018 où nous étions à Henningsvaer sur les Lofoten, la durée d’ensoleillement a été de 20h48 de 02h55 à 23h44. Nous avons une énergie débordante. Aucune envie de dormir et pour moi qui suis une grande dormeuse ce phénomène est vraiment grisant.

On quitte les Lofoten pour rejoindre Narvik où Chris souhaite s’arrêter afin de voir le mémorial pour des militaires tombés en 1940 et notamment des légionnaires. La ville offrant peu d’intérêt, nous poursuivons notre ascension en s’arrêtant à Senjastua et Tromsø. Porte d’entrée du Svalbard, archipel situé dans l’océan Arctique, Tromsø est le point de départ des expéditions polaires, et notre imagination va bon train.

On continue jusqu’à Sørkjosen, puis Alta où l’on découvre le musée rupestre et la cathédrale des aurores boréales qui vaut à elle seule le détour. Et enfin, voilà que nous arrivons à la porte du Cap Nord, Honninsvåg. Nous sommes le 17 juin 2018, une grande date pour notre Infinitrip. Nous avons eu la chance d’une météo de rêve qui rendra ce moment vraiment magique. Je ne saurais mieux décrire les émotions que nous avons vécues ce jour là. Nous avons été comblés, un intense bonheur. Une seule vérité s’offre alors à nous, celle d’avoir eu raison de nous échapper de notre quotidien pour vivre notre rêve. Forcément après ce grand moment, la chute est un peu difficile. En tout cas, nous n’avons pas perdu une miette de ce mémorable soleil de minuit.

Nous terminons ce voyage époustouflant par une dernière étape à Karasjok, siège du Samediggi, le parlement et le centre culturel Saami. Rencontre brève avec la culture Samis, et dès le lendemain c’est la vague à l’âme et le nourrain bien entamé que nous rejoindrons la Finlande pour de nouvelles aventures en Terre Lapone. La phrase célèbre « le voyage est la seule chose qu’on achète et qui nous rend plus riche » sonne plus juste désormais!

 

 

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