Tadjikistan, des dents en or et la main sur le cœur

Fait atypique, sortir de la douane en ayant pu faire son plein d’eau au poste! Le passage au poste de douane Oybek/Buston s’est déroulé sans accrocs. Dès nos premiers kilomètres, on se rend vite compte que les tadjiks n’ont pas l’habitude de voir des touristes avec des véhicules aménagés. Du coup nous croisons autant de visages hagards que de sourires reconnaissants de notre visite en leur pays. Et ce sont des saluts respectueux avec le visage baissé et la main sur le cœur, des « Salom », des « Welcome in Tadjikistan » forts nombreux que nous allons vivre pendant notre court séjour en terre tadjik occidentale. Les gens sont beaux, les filles coquettes et ils nous portent un intérêt presqu’intimidant. Nous qui ne connaissions rien à ce pays avant de marcher sur ses terres, nous allons comprendre notre chance de voyager librement dans un pays qui ne l’est pas. Pas plus que les autres pays d’Asie Centrale d’ailleurs, mais ici on sent tout de même plus l’enfermement et surtout la mégalomanie d’un président en place depuis la déclaration de l’Indépendance en 1992, Emomalii Rahmon. Si nous ne connaissions pas sa bouille, maintenant c’est bon on a la photo! Son portrait est sous toutes les coutures et comme pour « Martine », nous avons Rahmon à la montagne, Rahmon à l’usine, Rahmon au chantier, Rahmon aux tulipes…

On a pensé faire la route du Pamir, cette route mythique, qui est aujourd’hui le challenge de ces « fous » cyclistes autour du monde, mais nous avons fait le choix de ne visiter que la partie occidentale. Notre découverte du pays est donc une boucle depuis le nord ouest par la ville de Khodjent à la capitale Douchanbé jusqu’à l’ouest, la ville de Pendjikent afin de retrouver l’Ouzbékistan ; boucle de 945 kilomètres sur des routes globalement correctes 🙂

Que ce soit Khodjent ou Istarawshan, les monuments sont malheureusement, soit dans un piteux état, soit la restauration est un échec complet! Mais on retient l’accueil extraordinaire, les meilleurs chachliks d’Asie Centrale (brochettes au barbecue), une nuit dans une forteresse sur les anciennes fondations du château de Mug pris par Alexandre Le Grand en 329 av. J.-C., et surtout les forgerons du bazar de Istarawshan.

En descendant vers la capitale, on décide d’un bivouac en pleine nature au bord du lac Iskander-Koul dans les montagnes Fan. La météo nous lâche un peu mais on se pose deux jours dans un cadre idyllique. Nous avons un accueil époustouflant des locaux. On marche vers la seule plage du lac en traversant le jardin de la datcha du président Rhamon et nous aussi on fait la pose, Infinitrip au bord du lac 🙂 Belle petite marche et découverte de superbes paysages. Près du lac, nous rencontrons des employés d’une mine d’or autrefois exploitée par les russes et aujourd’hui en réouverture avec l’aide des chinois. Un des employés parle bien anglais et nous apprenons que de nombreux tadjiks hommes sont obligés d’aller travailler à l’étranger, essentiellement en Russie. Et effectivement, en observant de plus près les villages traversés, nous croisons plus de vieillards, de femmes et d’enfants.

Après ce bivouac réussi en pleine nature, on rejoint Douchanbé. En chemin nous rencontrons, à la sortie du tunnel Anzob, surnommé le tunnel de la mort de part l’absence de lumières et d’aérations, des baroudeurs à deux roues dont un fou autrichien qui voyage en vespa 🙂 Pour le suivre Vespa To Asia. Après quelques heures de routes, notre première impression de Douchanbé est « déception ». Le plus haut drapeau du monde (165m) a de quoi donner le torticolis et on est forcément un peu déçus compte tenu de la description du guide Lonely Planet comme étant la plus belle capitale d’Asie Centrale! Mais après une journée à arpenter sur près de 20 kilomètres le bitume, Douchanbé est assurément une ville agréable avec de grands parcs et des avenues aux immeubles à l’architecture ancienne préservée! Notre seule grande erreur est d’avoir suivie les conseils d’un forum et de visiter le zoo. Constat désolant où les animaux démontrent par leurs gueules déprimées les conditions de vie terribles imposées. On prend donc la route, le moral en berne, en direction de la forteresse d’Hisor, un des sites historiques célèbres d’Asie Centrale et vieux de près de 3000 ans. Mais la rénovation est à nouveau navrante et on décide de filer vers Nourek à deux heures de route de la capitale. On va découvrir un superbe bassin de retenue de 98 km² mais il nous est impossible de bivouaquer au bord car l’accès est trop difficile avec Orbis. On trouve un bivouac sympathique un peu plus loin où l’on jouit d’un beau coucher de soleil sur les montagnes. De là, on reprend la route en direction de la sortie et de Pendjikent notre dernière étape. On s’arrête peu après le village Ayni toujours admiratif des montagnes de ce pays et surtout de l’accueil et de ces sourires en or mémorables qui nous sont réservés. À notre arrivée à Pendjikent, on croise un chalet français sur roue! Accueil chaleureux et chouette moment d’échanges entre baroudeurs français ; ils partent s’aventurer sur la mythique Pamir Road 🙂 Vous pouvez suivre leurs aventures sur facebook.com/LesMollalpagasencavale

Après une visite à pleurer de rire de la cité sogdienne où l’on ne voit plus rien, on termine notre périple tadjik par une soirée épique au restaurant « Obod » en bord de la rivière Zeravchan. Nourris de ces sourires mémorables et surtout des mets succulents qu’offrent ce pays, on rejoint l’Ouzbékistan par la frontière ré ouverte en 2018 en direction de Samarcande.

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