Arménie, de monastère en monastère

14 juillet, on ne pouvait décemment pas ne pas trinquer un coup à notre fête nationale! On passe la frontière au milieu d’une grande cacophonie et au bout de deux heures de procédures administratives nous voilà installés à la terrasse d’un café de la place du village d’Agarak.

Première bière fraîche appréciée après six semaines de privation et premier test approuvé pour la Kilikia 🙂

On fait du vin en Arménie, alors on s’offre aussi notre première bouteille après plus de 10 mois! Mais l’essai n’est pas concluant. Au magasin nous retrouvons les produits appréciés en Russie alors on se lâche un peu sur la charcuterie, le fromage fumé et les légumes en saumure:)

Un choc total avec les six semaines que nous venons de vivre. Les vieilles Lada circulent pour mon plus grand plaisir et l’ambiance un peu moins chaleureuse qu’en Iran refait surface avec des « Sto » en guise d’interrogation de ce que nous aurions besoin ou pas!

Le lendemain de notre arrivée, on se plie à la réglementation d’assurer Orbis et puis ce sont les formalités de départ dans un pays, carte Sim et utilisation à nouveau de nos cartes bleues pour retirer de l’argent à un distributeur bancaire.

Une fois ces corvées achevées, la route commence en direction du monastère Tatev, construit entre le X° et XIII° siècles et qui est au Patrimoine Mondiale de l’Unesco. On nous avait dit que la route était chaotique mais on était loin de l’imaginer aussi chaotique! Donc pour quelques kilomètres, on met la journée pour relier un point à un autre. Fort heureusement, un petit coup de vodka est au menu une fois Orbis stationné afin de soulager les nerfs du conducteur qui a essuyé l’exploit d’éviter les milliers nids de poule!

Sur la route, par erreur, on tombe sur un petit monastère isolé dans les bois, un vrai coup de cœur pour Bgheno Noravank et une rencontre avec les pierres à croix, les Khatchkar.

Spécificités de l’art arménien, ces stèles le plus souvent de formes rectangulaires ont une ou plusieurs croix sculptées accompagnées d’un décor ornemental, d’inscription ou de figures humaines. Elles incarnent pour l’église apostolique arménienne la nature divine du Christ, un arbre de vie. Les Khatchkar sont, depuis 2010, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.

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L’église apostolique arménienne connue aussi sous le nom d’église arménienne orthodoxe, est une église chrétienne autocéphale. Elle relève du christianisme dit oriental et jouit d’une totale indépendance sur les plans juridique et spirituel par rapport notamment à l’autorité du pape. L’autorité est exercée par son catholicos dont le siège est aujourd’hui à Etchmiadzin, à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Erevan. Le « Patriarche suprême et Catholicos de tous les Arméniens » est Sa Sainteté Garéguine II depuis le 27 octobre 1999.

Pour finaliser notre arrivée au monastère Tatev, nous décidons de stationner pour la nuit sur le parking du plus long téléphérique à va-et-vient du monde, soit 5 752 m, qui nous y conduira.

L’environnement du monastère est grandiose et on prend plaisir à retrouver la verdure et l’air frais de la montagne.

Nous poursuivons par une visite d’un champ de menhirs dont une partie est une œuvre artistique intéressante, le site de Zohrats Kar. Nous présentant la cascade de Shaki comme la plus haute d’Arménie, on décide d’aller vérifier. Et c’est une des plus belles cascades vues depuis bien longtemps qui va nous séduire à nous poser près d’elle deux nuits. Aux abords d’un environnement qui nous rappelle la chaussée des géants en Irlande du Nord avec une montagne en forme d’orgue géant, nous prenons un peu de repos et précisons la suite du parcours arménien.

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On découvre la région de la ville thermale Jermuk dont l’eau pétillante est presque aussi bonne que la favorite Quézac de Chris, c’est dire! Marche abrupte en descendant dans le canyon pour immortaliser en image le monastère Gndevanq. Puis on rejoint le premier coup de cœur, le monastère Noravank lové autour de montagnes rouges qui subliment ce monument au couche du soleil.

À Areni, révélée comme étant la région vitivinicole la plus vieille au monde lors de découvertes archéologiques de traces de fabrication de vin il y a 6000 ans, on s’offre une pause dégustation et une bouteille de blanc pour l’apéro du soir avec des cacahuètes au vinaigre ramenées depuis l’Iran 🙂

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Après une rencontre avec le canyon de l’enfer, on s’arrête au monastère Khor Virap, dominé par le mont Ararat. Révision de nos connaissances sur la genèse et rencontre avec St Grégoire l’Illuminateur qui a été détenu pendant 13 ans dans une des fosses du monastère avant d’être libéré par le roi qu’il guérira. Il sera le Saint qui évangélise l’Arménie, et donc le premier catholicos. L’Arménie fut la première nation à adopter le christianisme comme religion d’État en 301. Ce lieu est donc un lieu de pèlerinage important pour les arméniens d’autant qu’il fait face au mont Ararat, situé aujourd’hui en Turquie. Le nom Ararat évoque une chaîne de montagnes où se serait posée l’arche de Noé après le Déluge.

Avant de rejoindre la capitale, nous allons découvrir le temple hellénistique, le temple Garni et ce qui sera le coup de cœur de Chris, le monastère Geghard.

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À notre arrivée à Erevan, on stationne sur le parking du mémorial et du musée du génocide arménien ; rencontre avec l’horreur.

Erevan est la preuve de la forte résilience des arméniens face à un passé si rude. Cette capitale invite à la flânerie avec des centaines de lieux chaleureux pour s’offrir une pause gourmande. L’atmosphère du grand marché aux puces le Vernissage, l’exposition d’œuvres intéressantes à la Cascade, les nombreux parcs et jardins, les grandes avenues, la charmante place Charles Aznavour et la grandiose place de la République…une capitale qui a tout d’une grande et qui invite à revenir l’apprivoiser plus longuement c’est certain.

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En quittant Erevan et avant de gagner le lac Sévan, nous irons faire un tour à la Cathédrale Zvartnots et Etchmiadzin. Arrivés au lac, nous pensions nous offrir une bonne baignade mais c’était oublier que ce lac est situé à 2000 m. d’altitude et qu’il y fait donc un tantinet frais!

Néanmoins les eaux turquoises invitent à la contemplation et nous restons donc autour découvrant les sites suivants : le cimetière de Noratous pour les plus anciens Khatchkar, les monastères Hairivank et Sevanovank dotés de vue plongeante sur le lac.

Enfin on poursuit la route en direction de la Géorgie en remontant par la région du Lorri. Arrêt bref à Dilijan, au monastère Haghartsin où l’on observera un mariage à grandes pompes. Et enfin, mon coup de cœur, nuit au monastère Sanahin, monastère construit entre les années 967 et 970, sur l’initiative d’une femme, la reine Khosrovanouch 🙂

Pour finaliser notre découverte de l’Arménie, on choisit de se poser au camping Kanchaqar avec vue sur le canyon Debed et de finaliser les écritures du blog tout en préparant la prochaine destination. Le dernier monastère est un joyau, le monastère de Haghpat. Du coup, on conseille vivement de programmer ces deux derniers monastères, tous deux au Patrimoine Mondiale de l’Unesco lors de votre périple arménien.

Une rencontre avec les pierres, dans un environnement de montagnes arrosé avec de bons vins, n’attendez plus pour découvrir ce pays petit en taille mais pas en intérêt culturel!

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