Iran, Kerman Kaluts Kaput

Enfin nous arrivons à Kerman et nous nous dirigeons dans un spot Ioverlander conseillé par « les Mollalpagas », rencontrés au Tadjikistan 🙂 Et quel bon spot pour visiter cette magnifique cité. Merci à eux :)!

La chaleur nous écrase complètement et nous jonglons avec ce soleil plombant pour organiser nos découvertes. Ainsi, on reste à l’ombre une bonne partie de la journée pour sortir la nuit tombée. La vie s’organise autour du bazar et les bazars de Kerman sont logés dans les caravansérails d’autrefois ; les restaurations sont réussies.

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Nous avons beaucoup aimé Kerman. L’ambiance est légère, la population toujours aussi accueillante et les commerces bien achalandés autour de belles arcades. Nous aurons un coup de cœur pour Elias, un môme au regard pétillant, vendeur de fruits et légumes et les truculents boulangers qui nous offriront notre pain, le Sangak, cuit au four sur un lit de pierres chaudes. Ce Sangak, notre pain iranien préféré, fût d’ailleurs un des meilleurs de notre séjour iranien. En déambulant dans les bazars, nous craquons pour des bracelets en cuivre qui foisonnent les étals à souvenir et des tapis pour redonner un petit coup de neuf à notre Orbis. Nous visitons les bains de Ganjali Khan, ancien gouverneur de la ville sous la période Safavide, créés en 1641 avec des sols en marbre de toutes beautés. Visite que nous recommandons vivement. Entre temps on essaye de chercher des pneus neufs pour Orbis. Et l’aide des garages est indéfectible à nouveau! Certes on repart bredouilles mais avec un souvenir de beaux échanges avec des garagistes toujours prêts à offrir du temps et du service!

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Avant de quitter Kerman, on part découvrir le musée d’art moderne, le musée Sanati. Malheureusement 5 des 10 salles du musée sont en restauration. C’est bien dommage pour nous, car les œuvres présentées sont très intéressantes. La chaleur nous pousse à poursuivre le périple dans le sud plus vite que l’on ne voudrait. On quitte donc Kerman pour rejoindre une des attractions du désert de Lut, les Kaluts.

Avant de s’enfoncer complètement dans le désert, on visite les jardins Shahzadeh près de Mahan, un jardin persan créé à l’aide de méthodes d’irrigation innovantes dans un climat semi désertique, véritable oasis au milieu du désert.

Plus nous roulons en direction du point de vue sur les reliefs désertiques inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, les Kaluts et plus le thermomètre d’Orbis explose, atteignant presque les 50 degrés!

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En arrivant sur le site, on installe notre bivouac pour la nuit pensant que ce dernier sera le plus calme de notre séjour iranien. La soirée se déroule à merveille et on bénéficie d’un beau coucher de soleil et de ce pur silence qu’offre le désert.

Les vents violents que connaît cette zone subtropical aride transportent des sédiments provoquant la création de crêtes ondulées massives, des reliefs éoliens nommés les yardangs. Et ce que l’on appelle les Kaluts, ce sont les sommets de ces formations mesurant pour certaines jusqu’à 155m de haut et qui s’étendent sur plus de 40km. Le paysage est vraiment spectaculaire.

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Mais la nuit qui aurait dû être la plus calme ne le fût pas. Vers les minuits, plusieurs voitures sont arrivées aux abords de notre bivouac, nous sortant de notre doux sommeil. Musique à fond, rires et cris nous font penser à des jeunes iraniens qui viennent dans le désert pour se défouler. Chris commence à monter la garde depuis l’intérieur du véhicule. On craint les débordements. On ne dort donc pas et ce jusqu’à trois heures du matin où le calme reviendra après l’intervention d’une ambulance sur les lieux. Un des jeunes serait-il tombé d’un Kalut? Les voitures repartent à toute berzingue. Le calme revient et on s’endort soulagés qu’ils n’aient pas touché à notre bivouac.

Mais l’objectif de dormir dans la chaleur étouffante du désert était le lever du soleil! Le réveil nous sort de notre sommeil cette fois et en sortant pour admirer celui-ci, nous sommes abasourdis par le nombre de détritus qu’ils ont laissé derrière eux. C’est donc en colère que nous observons ce site spectaculaire. Au retour, on prend le temps d’un bon café et de se laver dans notre plus simple appareil à l’extérieur du véhicule! Chris se fait surprendre par une italienne pétillante, Rosa Maria et nous rigolons ensembles de cet effet de surprise!

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Avant de quitter les lieux, Chris part faire des photos en contrebas de notre bivouac. À mon signal, deux petits coups de klaxon l’avisant que je suis prête à mon tour, il remonte. Mais en remontant, il me dit : « Il est arrivé quelque chose de très grave cette nuit, j’ai trouvé le cadavre d’une fille assassinée à trois cent mètres du bivouac! ». Chris aguerri par les scènes de guerres vécues lors de son temps à la légion, a pris des photos de la scène de crime. Ce corps trouvé, que nous pensions de loin être des déchets, a commencé à être dévoré par des animaux sauvages. Je suis choquée et j’ai peur. On hésite mais notre conscience nous décide à rejoindre le poste de police le plus proche des lieux, situé à 45 kms, la ville de Shahdad. En arrivant au poste, nous montrons les photos et on explique à l’aide de dessins et de Google Translate ce que nous avons vécu dans la nuit. Je reste au poste de police sous la surveillance d’officiers et Chris part une première fois avec les inspecteurs sur la scène. Nous allons rester jusqu’au soir au poste. Nous sommes entendus séparément plusieurs fois jusqu’à une dernière où nous allons ensembles sur les lieux du crime. Je n’ai pas vu le corps et la police respecte ma demande de ne jamais le voir. La police scientifique est là, le juge nous entend à nouveau et nous sommes ramenés à notre véhicule avec les remerciements de la police pour avoir coopéré à résoudre cet assassinat. Mais pour nous, cette nuit va chambouler notre séjour et il nous faudra quelques semaines pour refaire complètement surface.

La région de l’Est et particulièrement cette partie est jugée à risque suite aux trafics de drogues menés depuis l’Afghanistan. Plusieurs personnes avant nous ont bivouaqué dans le désert sans vivre un drame et plusieurs le feront à nouveau demain. Ceci aurait pu se produire n’importe où dans le monde. Nous étions juste pas au bon endroit au bon moment.

Nous rejoindrons la ville de Mahan pour se poser après cette journée tragique du 14 juin. En arrivant, Chris me confit qu’il s’enverrait bien une bonne vodka! Mais l’alcool est interdit en Iran et pourtant…Le ciel a dû entendre son desiderata! À notre arrivée au parking du mausolée du derviche mystique et poète Shah Nematollah Vali, des iraniens s’avancent par curiosité regarder le véhicule et connaître notre nationalité. Les « Welcome to Iran » fusent. Nous sommes au début un peu irascibles avec eux car on a juste besoin de reprendre nos esprits. Mais Chris remarque le sourire dans les yeux des hommes et demande spontanément s’ils n’ont pas d’alcool! Et c’est généreusement qu’ils vont lui donner la bouteille tant désirée, une eau de vie maison! Le hasard sait aussi, bien faire les choses…

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2 Replies to “Iran, Kerman Kaluts Kaput”

  1. Mais non un truc de fou….puree bon courage bises

    1. Oui, terrible moment. Merci de nous lire et d’être aussi assidue à nous suivre 🙂 Vraiment on apprécie! Pleins de gros bisouxxx à vous deux.

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