Iran, le choc du T’aarof

Il y aura un avant et un après l’Iran. Phrase certes un peu idiote, je vous le consens, mais je ne sais comment mieux exprimer la transformation de notre vision du monde!

Il y aura ces images véhiculées par l’occident d’un pays fermé, d’un peuple à la botte des Ayatollahs, du risque terroriste et des barbus en nombre surtout si l’on ajoute Chris à la liste! Et puis il y aura aujourd’hui, cet après ces six semaines à découvrir ce vaste pays et à rencontrer son peuple.

Nous aurons dès notre arrivée des échanges chaleureux avec Maël, un fou cycliste en long voyage depuis Annecy et un couple Franco Allemand Anne Isabella et Max. Ces derniers nous offriront une carte de l’Iran qui va bien nous aider à dessiner notre parcours et du crédit internet. Tous les trois nous mettrons l’eau à la bouche par leurs récits à peine croyables sur l’extrême gentillesse des iraniens qu’ils ont croisés.

Ils sont émerveillés, les yeux qui pétillent et la vague à l’âme de quitter le pays…même si la joie d’être à l’aube de pouvoir boire une bonne bière est bien en tête! Et ce sont bien tous les récits des baroudeurs, rencontrés en chemin depuis le début de notre Infinitrip, qui vont nous motiver à rendre visite à l’Iran. Auparavant, nous aussi, avions des images négatives de ce pays et nous redoutions à le traverser. Nous aussi étions emplis de clichés.

Voyager c’est se faire surprendre.

Cette citation d’un illustre inconnu prend tous son sens avec l’Iran. Nous avions lu sur le guide ce que signifiait la règle du T’aarof. Et heureusement que nous en avons pris connaissance avant nos premiers pas dans le pays.

Le T’aarof est le nom donné pour exprimer la courtoisie iranienne. C’est l’expression employée pour désigner l’art de la politesse au centre de la culture perse. Et nous allons être confrontés à ce système plutôt déstabilisant dès notre arrivée. Parce qu’il est admis qu’un iranien se doit de proposer tout et n’importe quoi à l’étranger qu’il rencontre en tenant compte qu’une personne polie refuse systématiquement ses propositions! Sauf que les iraniens doivent rester très polis et du coup devant un refus, ils insistent. Quand il s’agit de vous offrir une glace, ce n’est point grave si vous ne saisissez pas la finesse du T’aarof mais quand il s’agit de rembourser 240$ c’est un tantinet plus sérieux de ne pas comprendre la subtilité de ce système de politesse!

Nous savions donc que la règle devant l’offre d’un produit ou service par un iranien est de refuser au moins trois fois avant de ne l’accepter. Refuser en farsi est simple comme bonjour pour les français puisque ça sonne comme un non merci (« Na, mersi »)! Si l’offre s’arrête c’est que vous étiez en plein T’aarof sinon c’est que l’offre est sincère. Et la problématique reste complexe car il existe bien entendu des exceptions à cette règle bien trop simple pour être persane! L’iranien va redoubler de vigilance devant un touriste étranger pour vous offrir tout ce qu’il peut et honnêtement même si vous vous dites « génial, extrêmement cool »!, il nous est arrivé à plusieurs reprises d’être vraiment gênés devant cet excès de bonté! Économiquement l’Iran est une aubaine pour les touristes occidentaux et accepter que l’on vous paie café, déjeuner, taxi …etc. peut aussi rendre à posteriori inconfortable un iranien dont le salaire moyen est de 200$ par mois.

Maintenant, on vous le dit. L’accueil, la disponibilité, l’humour, la fantaisie, l’envie d’être avec l’autre, de converser pendant des heures, de partager de bons mets et tout simplement de savourer l’instant présent ce sont vraiment ces valeurs que vous vivrez lors de votre voyage en Iran. Alors éloignez vous de la politique et profitez pleinement de votre rencontre avec ce peuple qui mérite vraiment à ce qu’il ne soit pas associé uniquement à l’image noire que leurs gouvernants véhiculent.

Retour en image pour vous exprimer ce que nous avons vécu :

Notre première rencontre est deux jours après notre arrivée ! En arrivant au village de Kalat dans le nord est du pays, on demande de l’aide à un jeune couple parlant un peu anglais pour recharger la carte Sim donnée par les Vantastic World au Turkménistan. Non seulement, ils vont nous aider mais ils vont nous demander de les accompagner à une randonnée suivi d’un barbecue.

Ce sera une rencontre sublime avec Feresh, Amir, Safarali, Nargès et les enfants Selena, Sofia, Youssef, Benyamin.

Bon pour être honnête, la randonnée à la cascade de Gharasoo, on a d’abord pensé à une volonté de nous perdre…mais suivra un barbecue dantesque et des soirées très festives (on ne dira pas tout!) en pleine fête de l’Eid, fin du ramadan.

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Puis ce sera toutes les rencontres sur la route pour nos déboires avec Orbis que nous vous avons récités sur l’article précédent et ces gens qui auront marqué nos journées!

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Des retrouvailles avec Nargès et Safarali, rencontrés à Macchad et qui vivent sous les 50 degrés de la petite ville Parsia, au Golfe Persique

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Et puis à Téhéran, nous retrouvons un couple que nous avions rencontré à l’île de Queshm. Simple échange de numéro WhatsApp et Minoo insistera pour que l’on se voit à Téhéran. Quelle bonne idée!…en image :

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2 Replies to “Iran, le choc du T’aarof”

  1. sublimes photos avec cette découverte des Iraniens je partage ce que vous ressentez et j’espère peut-être y aller un jour mille bisous et un grand MERCI pour ce partage bonne continuation avec vous par la pensée et la prière à très bientôt Andrée

    1. Merci beaucoup Andrée et je te souhaite vivement de découvrir ce pays bientôt même si tu as déjà la chance de le côtoyer de près ;o)! Bisous.

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