Géorgie, entre vins et chacha

On quitte Tbilissi un brin la vague à l’âme en direction de la Kakhétie, région du sud-est, bordée au nord par la chaîne de montagne du grand Caucase et par l’Azerbaïdjan à l’est et au sud.

L’office du tourisme de Tbilissi délivre des cartes bien détaillées de chaque région touristique. Il y en a 11. Et c’est à l’aide de ces cartes indiquant les sites majeurs à découvrir que nous allons traverser la Géorgie jusqu’à notre prochaine étape la Turquie.

De la Kakhétie, on nous a vanté son terroir viticole. Vous pensez bien que cela a attisé notre intérêt à l’explorer! Mais nous ne démarrerons pas par ses caves mais par une aventure dans ses contrées arides aux confins de la frontière avec l’Azerbaïdjan afin de découvrir un monastère chrétien fondé au VIème siècle, le complexe David Gareji. Malheureusement, contrairement aux annonces d’ouverture du site pour les visiteurs en avril 2019, les militaires postés nous interdisent de grimper sur la colline donnant accès au monastère Udabno, célèbre pour ses peintures rupestres bien préservées. Déçus, Orbis nous conduit à Sighnaghi, l’un des plus beaux villages de Géorgie. Découverte de ses remparts et du monastère Bodbe, dédié à Saint Nino l’illuminateur, saint qui a répandu le christianisme en Géorgie au 5ème siècle. Puis on finalise notre découverte de cette région par l’objectif premier, une dégustation! On choisit de découvrir la cave Khareba, car elle dispose d’une cave originale. Il s’agit d’un tunnel creusé dans la roche, long de 8 km, dans lequel sont stockés les bouteilles de vin, à température constante entre 12°C et 14°C quelque soit la période de l’année. Nous choisissons une dégustation de vin fabriqué selon la méthode géorgienne, en Qvevri. Les Qvevri sont des jarres en terre cuite dont la capacité peut varier de 2000 litres à 8000 litres. Pour une explication détaillée de cette méthode de vinification, je vous recommande de lire cet article : https://blog.vignartea.fr/vin-qvevri-nature/

Nous allons passer un somptueux moment et finir la découverte de cette région au cœur d’un site monastique en pleine forêt, un de nos plus beaux bivouac, le site de Dzveli Shuanta.

{"autoplay":"true","autoplay_speed":3000,"speed":300,"arrows":"true","dots":"true"}

Du col de Gombori, nous arrivons dans l’une des régions les plus visitées de la Géorgie, la région des Monts du Caucase, Mtskheta Mtianeti. Nous rattrapons la célèbre route militaire par Tianeti et premier stop photo au monastère Ananuri à la vue plongeante sur le réservoir d’eau de Jinvali.

Plus nous montons vers la frontière avec la Russie et plus le thermomètre descend. Des 37°C de Tbilissi, nous atteignons à peine les 8°C, de quoi avoir les orteils qui font la tronche dans leur claquette! La route militaire est splendide. On l’appelle ainsi car elle a été construite pour relier la Russie à la Géorgie à travers le Grand Caucase et faciliter ainsi le convoi des troupes russes au XIX. Le col de la croix (ou djvari) de 2395m franchit, nous passons du grand soleil au brouillard épais. Nous arrivons à Stepantsminda, pour un bivouac au monastère Gergeti Trinity sans savoir vraiment où nous avons atterri. Le Lendemain, c’est un vrai belle surprise qui s’offre à nous. Le paysage est magique. Motivés par ce beau soleil, une fois les visages de Sno encadrés, nous allons entamés une petite randonnée…de 8 km qui au final en fera 19km 🙂 Découverte des gorges Truso sur fond d’un tournage de film d’actions entre hélicoptère et tirs mitraillettes ! Il fait frais. En prenant la photo d’un camion, on nous offre notre première chacha, doux nom donné par les Géorgiens à leur vodka, une eau de vie majoritairement fabriquée avec le marc de vin! De quoi réchauffer et donner la cadence pour finaliser en beauté par un bivouac sur la rivière Shavi Aragvi.

Tout le long de notre parcours, la Géorgie va nous offrir nos plus beaux bivouacs!

Avant de quitter cette région, arrêt en sa capitale au nom imprononçable, Mtskheta! Un bon moment dans cette ville aux jolies ruelles bordant le fleuve Aragvi, et qui fut l’ancienne capitale de la Géorgie avant que le roi Vakhtang 1er Gorgassali découvre par un volatile fusillé les sources chaudes de Tbilissi!

{"autoplay":"true","autoplay_speed":3000,"speed":300,"arrows":"true","dots":"true"}

Et voilà que l’histoire nous apprend que Staline est géorgien! Enfin, il est citoyen soviétique de nationalité géorgienne! Il est né à Gori, où la ville a œuvré à lui dédier un musée, une avenue..bref à l’honorer.

Nous arrivons dans la région Shida-Kartli et nous rejoignons pour la débuter, la cité troglodytique d’Uplistsikhe datant du 1er siècle avant J.C. Sur la route, nous croisons un couple de camtars russes un peu perdu. Ils vont au même endroit que nous pour le bivouac…Nous les invitons à nous suivre! Ce sera une bien belle soirée où de jeunes routardes polonaises arrivant sur le site se joindront également à nous! Le lendemain, c’est avec un certain mal aux cheveux que nous déambulons dans cette cité qui nous charme plus par son environnement que pas ce qu’il en reste. Une fois la visite terminée, nous allons visiter le musée Staline, après nous être garés sur son avenue! Il y a bien deux trois références aux purges de 1937 et qu’il n’était pas un tendre…mais tout de même, on ressent plus la starification du personnage qu’une dénonciation de sa politique par la terreur.

{"autoplay":"true","autoplay_speed":3000,"speed":300,"arrows":"true","dots":"true"}

 

 

Direction le sud de la Géorgie, la région Samtskhe-Yavakheti pour découvrir la ville source de l’eau pétillante merveilleuse, la Borjomi et le complexe Vardzia. La ville thermale de Borjomi est très agréable, balade au cœur du premier parc de thermalisme du pays où des célébrités telles que Tchaïkovski venaient régulièrement en cure. Je boirais de son eau miraculeuse pour les rhumatismes! Depuis je ne marche pas…je cours!

En chemin pour découvrir le complexe troglodytique de Vardzia, nous faisons halte à la forteresse Khertvisi afin de marcher sur les pas d’Alexandre le Grand. En arrivant à Vardzia, nous allons être émerveillés par le spectacle qui s’offre à nous. La Citadelle, malheureusement détruite en partie par des tremblements de terre, est surprenante par sa hauteur et son histoire. Plus de 10000 personnes vivaient en ces lieux et nous jouons de notre imagination pour comprendre l’organisation d’une telle cité.

Notre guide nous invite à faire un détour au monastère Sapara. Ce serait selon sa description notre cerise géorgienne…bon ben ne jamais oublier qu’un guide est aussi subjectif que nous le sommes. Joli environnement mais pour la cerise on repassera. On termine par la ville des parents d’Aznavour, Akhaltsikhe et sa forteresse malheureusement trop bien restaurée, ce qui rompt le charme de la découverte.

 

 

{"autoplay":"true","autoplay_speed":3000,"speed":300,"arrows":"true","dots":"true"}

Bien que nous avons une règle, qui est celle de ne pas conduire de nuit, on la déroge cette fois pour rejoindre un bivouac Ioverlander près du piton de Katskhi, situé dans la région Imereti. Au réveil, le spectacle est grandiose et vraiment détonnant! Quelle idée saugrenue de construire un monastère pour un ermite au dessus d’un rocher d’une hauteur de près de 40 m et d’une superficie de 150m². Aujourd’hui fort de son succès touristique, il n’est plus possible de monter sur le piton. Ayant un souci de pneu dégonflé à nouveau, nous rejoignons la ville de Chiatura, ville minière qui a dû connaître des années fastes sous l’ère soviétique. Aujourd’hui les paysages ne sont que désolation et déshérence industrielle. Les visages sont tristes dans ce décor de ferraille rouillé et délabré. Cafardeux, nous ferons un tour sur le plateau dans l’espoir de rejoindre la route principale. Mais celle ci n’est accessible que par une voie, nous devons faire demi tour. Nous passons par les monastères Ubisa, Gelati et notre coup de cœur Motsameta. On se posera pour un bivouac sublime en bord de rivière où nous rencontrons des jeunes locaux qui se joignent à nous pour une belle fin de soirée sur des airs de Chacha! Et on finalisera notre découverte par Okatse Canyon et la ville thermale Tskaltubo. Cette région est un vrai enchantement avec ses grandes maisons aux belles verrières et entourées de jardins luxuriants.

 

 

 

{"autoplay":"true","autoplay_speed":3000,"speed":300,"arrows":"true","dots":"true"}

 

 

On décide d’aller au nord, la région Svaneti. Pour cela nous traversons la région Racha-Lechkhumi et faisons un bivouac vers sa capitale Tsageri, dans le champs d’un Géorgien sympathique. Nous longeons la rivière Tskhenistskali sur des kilomètres. Selon les informations choppées à droite, à gauche, la route pour rejoindre le village Ushguli serait terminée. Et les kilomètres parcourus semblent nous donner raison. Mais voilà qu’à 30 kilomètres de notre objectif, un panneau nous présage le contraire! Chris va vérifier à pied si Orbis peut se lancer dans l’aventure. Après tout, nous avons bien fait plus de 900 km de pistes en Mongolie…Seulement voilà, cette fois, on sait que mieux vaut garder raison surtout lorsqu’un 4×4 conduit par des français patine pour monter et que c’est le seul véhicule rencontré depuis plus de deux heures. Nous décidons à contre cœur de rebrousser chemin. La route n’est pas terminée, malgré nos renseignements. Forcément déçus, on revoit l’itinéraire pour rejoindre la Turquie en longeant une partie de la mer Noire via les régions Guria et Adjara. Un petit temps de pause barbecue au camping Black Sand sur la plage de Lanchkhuti où je profite d’une baignade dans la mer Noire. Le soleil nous lâche un peu. Le temps gris sur fond d’un sable noir nous motive à bouger. Dernière visite au sublime jardin botanique du Cap Vert de Batumi créé en 1912, et balade sur le front de mer avec un dernier plaisir gastronomique pour un Kanchanapoury et un verre de Saperavi.

La Géorgie était le dernier pays de notre Infinitrip, ex URSS. Ce pays aux trésors cachés et particulièrement la découverte des vins géorgiens fut un réel moment de bonheur après des mois sans ce doux nectar. Les paysages sont époustouflants. La gastronomie est un enchantement pour les papilles et l’histoire passionnante de ce territoire du Caucase fait que nous ne saurions que trop vous recommander de vous laisser séduire par cette destination. En tout cas, nous, on sait déjà que nous reviendrons savourer ses trésors.

 

{"autoplay":"true","autoplay_speed":3000,"speed":300,"arrows":"true","dots":"true"}

 

Laisser un commentaire