Roumanie, Tutti Frutti Tequila…

Il y a des articles plus difficiles à écrire. Ce dernier de la saison Infinitrip 2019 l’est d’autant plus que nous avons choisi la Roumanie, terre d’enfance de Chris, pour arrêter l’aventure. L’hivers arrive à grand pas, même si les températures de notre semaine à Bucarest font dire le contraire. Alors voilà le récit de retrouvailles émouvants avec un pays, un frère, des parents, des amis et le plaisir immense de satisfaire nos papilles en retrouvant ces plats devenus nos madeleines.

Une fois le poste de douane passé, nous achetons de suite la vignette pour une semaine et prenons la route en direction de Bucarest. En cherchant notre route peu après la frontière, les travaux nombreux faisant tourner en bourrique nos GPS, Chris demande à des habitants « où sont les panneaux » et ils répliquent « où ils sont eux ! » sous entendu les politiques…
Arrivant de nuit à Bucarest, nous échappons bien joyeux aux embouteillages et décidons de rejoindre le camping Casa Alba, non loin du centre ville. Tout en pilotant Chris j’apprécie beaucoup cette traversée de Bucarest de nuit. Oui, Bohringer a raison « Que c’est beau une ville la nuit »!

Le lendemain, à peine Petru au courant de notre arrivée sur le sol roumain et youp la boum, nous voilà entraînés dans le tourbillon de la vie bucarestoise pour dix jours.
Les retrouvailles après 7 années sans se voir sont émouvants. Nous débutons la visite de cette grande capitale tout en coordonnant la mise en hibernation d’Orbis. Un deuxième hivers tranquille pour notre pépère! Alors on débute notre séjour par s’occuper de lui, on le bichonne jusqu’à ce que Petru dégote un parking de rêve pour lui. Quelques jours plus tard, nous voilà rassurés et sans maison. Euzen, grand ami de Petru, ayant une chambre de libre va nous accueillir merveilleusement et nous apprendrons que nous dormons au dessus de l’appartement du grand musicien Adrian Simionescu…tutti frutti tequila!

Parce que la Roumanie est terre de contrastes, nous sommes logés au milieu d’immeubles à l’architecture uniforme et triste de l’ère communiste où le parc véhicule largement saturé est un florilège de voitures de luxe et d’anthologie du passé, entre Ferrari et Trabant!

Nous allons beaucoup mangé, du restaurant hyper touristique « Carul Cu Bere » que je vous déconseille fortement à des petites perles gastronomiques que je vous encourage à découvrir « Argentin » « City Grill » « Dristor » « Ursul » « Have a cigar ». Vous y mangerez Mici, Samarlé, salade d’aubergines, mamaliga, zacusca…qui vous feront fondre pour la gastronomie Roumaine mais pas pour aller à la plage !…

Chris m’avait tant décrit la misère de Bucarest que, mon imaginaire biaisé, je m’attendais au pire. Mais je suis tombée sous le charme de cette capitale qui semble cacher de nombreux trésors à celui qui dispose d’un regard attentif. Il est clair que visiter une ville avec un guide comme Petru, a été une belle chance. Mais même si grâce à son œil nous avons joui de la visite de lieux hors zones réservées aux touristes, nous lui avons aussi permis de revisiter sa ville notamment en participant à une visite guidée gratuite fort intéressante du vieux Bucarest. C’est bien connu, on ne connait jamais assez son propre territoire!

L’histoire de la Roumanie est aussi riche que complexe. Le vieux Bucarest rappelle son surnom d’antan de « petit Paris » avant qu’elle ne subisse les choix malheureux de démolition sous le joug Ceaucescu! Sa maison du peuple dantesque est la démonstration de sa politique de la terreur et de l’extravagance connue à tout dictateur!
Nous verrons avec écoeurement le poids de la religion sur la politique par la construction de la plus grande cathédrale orthodoxe du monde adjacent à la maison du peuple, abritant notamment le sénat. Des millions d’euros pour une cathédrale alors que la Roumanie a un taux de pauvreté de 35,7%. Pas d’argent pour de nouveaux hôpitaux, écoles, routes, mais de l’argent pour une énième cathédrale ! De quoi s’hérisser les poils!

Petru étant animateur radio, nous découvrons les studios de la plus grande radio de Bucarest, Europa FM. Cristina et Petru ont une compagnie de théâtre, Lightwave company. Ils ont gagné Romania’s got Talent et la veille de notre arrivée ils ont été appelés par les américains ! Euzen s’investit dans la campagne électorale. Autant de sujets intéressants qui animent nos soirées et nous obligent à la fête !
Nous finalisons notre séjour très animé par un déjeuner à une terrasse lovée au coeur d’un des plus grands parcs de la ville et en compagnie de l’artiste Chriss Casper.
De bons moments, de belles rencontres qui font que j’ai vraiment eu un coup de cœur pour Bucarest en me sentant un peu comme à la maison.
C’est donc La revedere Bucarest et non un adieu.

Clap de fin Infinitrip 2019. Temps pour nous de profiter des nôtres. On reviendra partager de temps à autres nos souvenirs. Ils sont si nombreux, qu’ils débordent de nos mémoires

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One Reply to “Roumanie, Tutti Frutti Tequila…”

  1. Merci pour cet intéressant (et émouvant) compte rendu. On voit Bucarest d’un autre œil. Bonne suite à vous et bon courage ! Bisous, les Jipsy

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